Être juste Humain

Ou l’art de se vivre à la fois séparé et UN

Je vous partage dans cet article un ensemble de mots qui sont tombés dernièrement dans mon chaudron, à savoir « équilibre » et « conscience ».

Suite à mon article « L’humain invité à Être » , le mot « juste » est venu s’intercaler entre « être » et « humain ».

Juste est analogique à justice, mais aussi à justesse, équité, alliance et même à présence, abondance et puissance…et bien évidemment à d’équilibre.

Le mot équilibre vient du latin aequilibris (« de même poids »), composé de aequus (« égal ») et de libra (« livre, poids, balance »). Aequus de part son étymologie, vibre en résonance avec « Un » et donc avec l’Unité et l’Unicité. Libra venant lui du grec ancien λίτρα, lítra désignant une mesure de poids et en résonance avec lio (« fondre »).

Comme si l’équilibre est de se fondre avec le TOUTUN

En langue des oiseaux, équilibre peut être entendu comme « est qui libre » c’est-à-dire « est celui qui est libre. Comme si l’expérience humaine c’est d’expérimenter d’être « Un » égale à l’Unité sans rien chercher à atteindre, c’est-à-dire librement.

L’équilibre est bien souvent représenté pas une Balance. Cet objet a pour usage et de trouver le point d’équilibre entre deux plateaux dans le but de déterminer la valeur de ce qui se trouve sur l’un des plateau. Ce mot vient du latin bilanx , composé de de lanx désignant un plat/plateau et de bi-bis , venant de duis et de duo, venant de l’indo-européen commun *dwóh₁ (« deux »)

Ce qui me mène donc à l’idée que la valeur de ce qui « est », c’est vivre cet équilibre entre deux plateaux (analogiques aux deux plans de la dualité), en d’autres mots d’être présent à ces deux plateaux/plans.

« Être juste humain » résonne aussi pour moi, dans le sens avoir conscience de ce que l’on est en l’assumant et en ne voulant pas être autre chose que cela.

Le mot conscience vient du latin conscientia, lui-même composé du préfixe con- (« avec ») et de scientia/sciens, (« connaissance, savoir »). Ces derniers sont apparentés à scio dont le sens primitif est « trancher, décider » et qui provient de l’indo-européen commun *skei[1] (« couper, séparer »). Conscience veut donc littéralement dire « avec séparation ».

Cela génère pour moi l’hypothèse que l’on ne peut être conscient que de la séparation et pas de l’unité. Comme si le mot conscience n’était pas adapté à l’usage « Conscience Pure » et autres utilisations désignant une conscience « non humaine ».

Comme si « être juste humain » c’est expérimenter d’être séparer et donc expérimenter la dualité. C’est ne rien vouloir d’autre que cette dualité qui est inhérente à notre existence d’humain. C’est expérimenter le paradoxe entre être une individualité et être le Un, c’est-à-dire le TOUTUN. C’est être présent en même temps à se TOUTUN qui s’expérimente dans une unité et à cette même unité.

C’est être DEUX et UN en même temps !!!

C’est-à-dire être à la fois les deux plateaux de la balance, le mouvement d’équilibre entre les deux plateaux et la balance dans sa globalité. Dans ma perception, c’est cela « être juste humain » consciemment :

Être le UN qui s’expérimente séparé, coupé, fractionné.

État

Référentiel

Dans le langage actuel, dire « Cela ne fait pas partie de mon référentiel » c’est exprimer que ce dont il est question ne fait pas partie des choses que l’on connait, en d’autres mots qui font partie de nous puisque l’on ne peut reconnaitre que quelque chose qui est soi.

Je vous propose d’explorer davantage ce mot par différentes approches.

Le mot « référence » vient du latin referre de fero (« porter »), de l’indo-européen commun *bʰer-, qui a également donné en anglais bear dont le sens peut être « porter, produire, supporter, apporter » et aussi « avoir en soi ».

Le mot « porter » vient lui du latin portare (« transporter » littéralement « porter au-delà») de portō, lui même de portus (« port ») de la racine per (« à travers ») dont est issu le grec πόρος, poros (« passage ») et dont provient également porta (« ouverture, porte »).

En langue des oiseaux, cela peut exprimer « réfer en ciel » ou « réf. est en ciel ». Le mot « ciel » vient lui du latin caelum, de l’indo-européen commun *(s)kai[1] (« brillant ») lié au grec ancien αἰθήρ, aithêr (« ciel, éther ») et αἰθαλος, aithalos (« étincelle »).

Ma synthèse intuitive de tout cela est que mon « référentiel » est ce qui m’éclaire de l’intérieur en miroir dans l’extérieur . C’est ce que je porte en moi, autrement dit cette lumière que je suis. C’est ce qui m’éclaire afin que je ne m’égare pas de moi-même et qui rayonne la vie que je suis. C’est l’expression du plus grand que ce personnage auquel je m’identifie, ce divin en moi qui me guide durant cette traversé, cette expérience duelle qu’est la vie . C’est ce qui fait Loi pour moi et reflète le sens de mon existence incarnée.

L’humain invité à Être

Voici le partage de pistes de réflexion sur la condition humaine.

J’ai été, ces derniers temps, interpelée à plusieurs reprises par des observations faites, notamment par des sociologues au sujet de la « déshumanisation ». Ce phénomène observé déjà depuis un moment est dit comme étant accentué par la situation sanitaire actuelle et sa gestion: Impossibilité d’être en relation avec d’autres, socialement et physiquement, de dire « au revoir » aux personnes en fin de vie dans les EHPAD, d’honorer et célébrer nos défunts…. autant de choses qui ont de tous temps fait partie des besoins de l’Humain.

« Déshumaniser » vient de dés+humaniser, dés- venant du latin dis- qui exprime la séparation. Sur le plan spirituel l’invitation de cette déshumanisation est de se séparer de notre condition humaine.

D’autre part, le mot « transhumanisme » est arrivé jusque mes oreilles de façons répétées ces derniers temps, or « trans »est un préfixe latin voulant dire « au-delà ». L’évocation du transhumanisme est donc une invitation à « au-delà de l’humain ».

Une question s’est alors imposée à moi : « Qu’y-a-t’il au-delà de l’humain ? »

Je me suis tout d’abord tournée vers l’étymologie du mot « humain » qui provient du latin « humanus » venant lui-même de « homo » ayant pour sens « terrien » et dérivé de « humus » qui veut dire « terre ». Quel étonnement d’apprendre que le sens premier d’un humain est en fait « terrien » ! La question qui suivit fut alors « Et le ciel dans tout ça? » En effet, en Bioanalogie il ne peut y avoir de terre sans ciel et nous sommes la rencontre du ciel et de la terre.

Le terme « être humain » m’a alors interpelée et m’a poussée à faire des recherches sur le mot « être ». Ma grande surprise fut de réaliser que, contrairement à « humain/homme » qui n’a qu’une seule racine étymologique latine, « être » en a lui plusieurs:

  • « stare » Infinitif actif de stō de l’indo-européen commun *steh₂- « être debout « 
  • « esse » Infinitif actif de sum de l’indo-européen commun *h₁ésmi « je suis »
  • « fuo »/ »fus » issu du proto-indo-européen *bʰuH- « devenir « 

Le mot « être » est donc lié étymologiquement à :

  • « être debout » se référant à ce sur quoi nous nous appuyons, donc la terre, analogique avec le passé
  • « je suis » se référant au présent
  • « devenir » se référant au futur, au ciel et à l’inconnu

Il m’est alors apparu un contraste entre la référence uniquement à la terre du mot « humain » et la connexion du mot « être » avec le passé, le présent, le futur. Ces trois plans de la non-dualité, découverts par Jean-Philippe Brébion et exprimant l’inconscient universel, sont analogiques au spirituel, à l’expérimentation et au matériel évoqués dans la phrase de Telliard de Chardin : »Nous ne sommes pas un être humain essayant d’atteindre une expérience spirituelle, mais, plutôt, nous sommes des êtres spirituels ayant une expérience humaine »

Ces impressions de déshumanisation et les projets transhumanistes sont donc l’expression de notre passage de l' »Humain » à l' »Être humain », de la survie terrienne et matérielle à la Vie comme étant l’expérimentation de la lumière dans la matière.

État

Mission

Vous êtes vous déjà demandé quelle pouvait être votre mission de vie ?

Suivant certains paradigmes, il est admis que l’être n’a pas de « mission » si ce n’est d’être !

Je m’interroge tout de même sur ce mot « Mission » et sur l’usage que l’on peut en faire

Tout d’abord, tournons nous vers l’étymologie du mot « mission ». Il vient du latin mittere, infinitif présent de la voix active de mittō qui signifiait primitivement « laisser aller, laisser partir »

D’autre part, dans le langage courant actuel, « mission » fait référence à une charge, une fonction, un but à atteindre. tout cela évoquant une responsabilité.

De plus le mot « mettre » a lui aussi pour origine mittere et en Langage des Oiseaux on peut y entendre « m’être » et donc « me être » > « être moi » en laissant la vie prendre sens en moi.

Tout cela me mène à la perception que la « mission » de chaque être humain est de « laisser aller », par l’être qu’il est, la manifestation de la Conscience sous une forme unique manifestant l’infini. Comme si notre mission était de s’engager pleinement dans l’Unique décliné en nous, de prendre la responsabilité de manifester une « facette » de la Conscience, d’assumer de se laisser vivre en nous quelque chose qui ne nous est pas propre, ne nous appartient pas et auquel nous n’avons pas à rester identifié et qui pourtant nous est spécifique.

Cela nécessite donc de reconnaitre la spécificité qui se fait « visible » par nous, d’assumer notre différence et d’oser nos élans de vie, nos rêves, de prendre la responsabilité de nos aspirer…

Dans les milieux spirituels, les ambitions et les rêves peuvent être perçus comme étant liés à l’égo, mais n’est-ce pas une injonction de l’Être que de laisser la conscience « s’expérimenter » en reconnaissant ce qui en chacun, de façon spécifique, est « inestimable » car « manifeste » et « évident »? N’est-ce pas de l’ordre d’une Loi « divine » d’être déterminé à laisser, à cet Unique en nous, toute la visibilité inhérente à ce qu’il est?

Il me semble donc que l’on peut porter un nouveau regard sur ce mot « mission » vibrant, selon moi, d’un engagement d’existence consistant à laisser une « facette » de l’infini être visible de par une sorte de « mise en avant » d’un spécifique qu’il faut assumer de laisser prendre sens sans se l’approprier.